Un peu de nous, et beaucoup de nos enfants, qui ont fait une entrée fracassante dans nos vies, nos coeurs, et dans ce blog ;-)
Je pense que vous avez dû en entendre parler, parce que la neige, en région parisienne, fait toujours parler d'elle!!! J'ai vécu hier une sacré aventure, comme de nombreux parisiens; et elle mérite bien un "petit" mot sur mon blog!
La neige, je l'aime.
La danse des flocons me ravit, je suis telle une enfant, derrière ma vitre, a vivre la magie de la neige à chaque fois... Cela peut paraître naïf, mais c'est la vérité: je suis fan!
Hier n'a pas échappé à la règle: j'observais par les fenêtres de l'hôpital cette neige qui blanchissait les pelouses, en me disant qu'elle ne tiendrait pas longtemps... Puis cela s'est intensifié, et les collègues qui devaient prendre notre relève à 13h30 commençaient à tous appeler pour nous prévenir de leur retard. "'Cest l'enfer", qu'ils disaient!!!
Hum..
Chaque personne arrivant dans le service nous dissuadait de partir: trop dangereux!!! "Un camion vient de se renverser dans l'avenue principale, les voitures sont en travers de la route, en warning..." Bref, le sénario catastrophe!!!
J'ai attendu 1h30 avant de partir, résolue à braver la neige, qui tombait de plus en plus fort. Le trajet, à pied, de l'hôpital à la crèche, a fini de me convaincre: trop dangereux de prendre la route par un temps pareil!!!! Aucune voiture ne parvenait à avancer, et les quelques courageux (ou inconscients) qui étaient au volant abandonnaient leurs véhicules un peu n'importe comment sur le boulevard.... Il était 15h30.
J'ai récupéré Victor tant bien que mal.
Entre temps, l'hôpital a ouvert une cellule de crise, a débloqué des lits pour son personnel et a ouvert la crèche pour la nuit. L'administrateur de garde a interdit au personnel de partir. Le ton était donné. (mais comme moi je suis enceinte, on ne pouvait pas me demander d'enchainer 18h de travail!)
J'ai donc décidé de rejoindre la gare a pied, avec Victor, soit 1,5 km de marche, en priant pour que les trains circulent correctement. J'avais beaucoup de contractions depuis le matin. Qu'importe. Il fallait que je prenne une décision.
Victor a adoré marcher dans cette poudreuse toute fraiche. Il n'a pas rechigné, ni boudé son plaisir. Il faut avouer que le paysage était féerique, presque irréel.... Tout était calme, pas de voiture sur ce boulevard habituellement surchargé, juste le crissement de nos pas dans la neige.
Et les flocons qui nous piquaient le visage.
A la gare, tout autre ambiance.
Beaucoup de monde, pas de place assise dans le train qui nous amenait sur Paris. Nous avons pris notre mal en patience, moi toujours avec mon bidon dur comme du béton! Victor, lui, suçotait des bonbons que je venais de lui acheter au relai de la gare. Il était heureux de prendre le "crain".
Arrivés à la gare St Lazare, j'avoue que ce fut finalement le pire moment de la journée. Un mouvement de foule incroyable, les gens se poussaient, s'insultaient, jouaient des coudes dans une ambiance très particulière... Les agents de la sncf s'époumonaient et sifflaient en vain pour faire revenir le calme. Quelques personnes m'ont interpellées pour me prévenir: "il ne vaux mieux pas se lancer dans la foule avec un enfant.... C'est l'émeute!".
J'aurais bien aimé m'éviter tout ça, mais pour atteindre la voie où m'attendait encore (mais pour combien de temps)sagement mon train, il fallait que je traverse la gare!!!!
J'ai pris Victor dans les bras et me suis lancée, non sans appréhension.
Nous avons été compressé, poussé, malmené pendant presque 10 minutes. Victor semblait ne pas avoir peur, je me demande encore comment! J'avoue que moi j'étais un peu effrayée... Comment les gens peuvent-ils réagir ainsi, tels des animaux, sans respect pour autrui? C'était tout simplement inimaginable!!!!
Dans la foule, à un moment; j'ai entendu un homme essayer de m'aider "Il y a un enfant ici, mais arrêtez de pousser, madame, madame...." et il a été emporté par le mouvement.... Ca parait incroyable ce que je décris là, mais c'est exactement ainsi que les choses se sont passés...
J'ai finalement réussi a rejoindre le quai, par je ne sais quel miracle, perdant au passage le magazine que je venais d'acheter. Le ventre toujours contracté, bien évidemment!
Une fois dans le train, un homme nous a gentillement gardé 2 places (un saint!) tandis que d'autres étaient quasiment en train de se taper dessus. Vous ai-je déjà dit que c'était l'enfer??
Après une heure de trajet, durant lequel Victor a fait sa pipelette, nous sommes enfin arrivé chez nous... Home sweet home!!! Encore un peu de bus (ce qui a ravi une seconde fois Victor), et nous étions au chaud... 19h30.
Soit 6 heures après la fin de ma journée de travail.
Vive la neige, mais surtout, vive la région parisienne!!!!